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COUVREUX

À l’Oombre de Montquintin : Couvreux, village de paix...

Au fond d’un entonnoir, par trois bois abrités, C’est là qu’est mon village, à cheval sur la France. Quarante et trois maisons, deux routes qui font té. Les gens ne savent lire ; ils comptent sur leurs doigts. Excepté le curé et le maître d’école – Léon Ravet*

*Léon Ravet est né le 20 mai 1879 à Florenville (près d’Orval). Il passa une grande partie de son enfance et de son adolescence à Couvreux. De 1912 à 1950, il écrit une dizaine de recueils de poèmes. Son recueil « Roses d’automne » fut couronné en 1948 par l’Académie Française.

Dans un second temps, la voie dite « Chemin de la messe » amenant à Dampicourt renseigne sur le fait que les habitants de Couvreux ne possédaient pas d’église à l’origine du village. Ils devaient donc se déplacer jusqu’au village voisin pour y assister. La première démarche des habitants pour avoir leur propre église avec un presbytère remonte à 1786, « mais vu les évènements politiques, la pétition demeura sans suite. », nous décrit la chronique. Le 24 mars 1832, la population ayant augmenté (300 âmes), l’administration communale décide de construire une chapelle à Couvreux plutôt qu’une fontaine couverte. 

Le 6 novembre de la même année, la demande est rejetée par le commissaire de district. Quatre ans plus tard, le 15 mai 1836, les habitants de Couvreux envoient une réclamation contre le projet de presbytère à Montquintin et demandent de nouveau une église et un presbytère à Couvreux. La construction de l’édifice est achevée en 1880/1875. 

Cette chapelle est sous la protection de saint Roch car en 1866, Couvreux est victime d’une épidémie de choléra et les habitants souhaitent bénéficier de la protection du saint patron luttant contre les maladies contagieuses.

Posé sur la frontière, Couvreux, petit village rural de Gaume (belge) reflète la tranquillité, la douceur de vivre. Il est construit dans la vallée à l’ombre de la butte témoin de Montquintin.

Couvreux est traversé par le ruisseau « le Fauchois ». Ce ruisseau qui en passant la frontière alimentait le moulin d’Ecouviez. Chez nos voisins français il est appelé « le Couvreux ». Au point de vue paroissial, sous l’Ancien Régime, Ecouviez et Couvreux faisaient partie de la paroisse de Montquintin.

Montquintin est surtout connu par le souvenir d’un évêque allemand qui est venu se réfugier en 1760 dans le château médiéval du village.

Il portait le nom de Johan Nikolaus Von Hontheim. Rapidement il va écrire plusieurs ouvrages dans lesquels, il conteste contre l’autorité du pape à qui il reproche sa toute puissance dans l’Eglise catholique.

Quand il parle de Montquintin, le poète Pierre Nothomb désigne le village sous l’appellation : « Là où souffle l’Esprit » faisant référence à la présence de Monseigneur de Hontheim, dernier seigneur de Montquintin.

BIENVENUE À COUVREUX !

Un peu d'histoire...

Couvreux est un village rural à vocation agricole, il n’attire pas beaucoup le tourisme. Très discret, il semble sans éclat et pourtant on voit dans ses rues un développement immobilier qui rompt un peu cette particularité de calme qui règne dans ses rues. 

Et pourtant, village frontière, il fut envahi, à une certaine période, par les fraudeurs belges et surtout français. Ces derniers venaient en Belgique pour acheter du tabac, du chocolat…etc. En échange ils apportaient le vin, l’alcool, le parfum…etc.

Ce commerce illicite était favorisé par le passage à une épicerie qui servait également de café – guinguette. Elle était construite à quelques dizaines de mètres de la frontière, à l’orée de la forêt que l’on peut franchir discrètement. A l’occasion cette guinguette, construite sur les hauteurs du village était animée par un bal très fréquentée.

Altitude : au « bois Lahaut » 350 mètres.

Deux explications étymologiques du nom de ce village s’opposent :

– 1. Le village est situé le long d’un ruisseau en fond de vallée. Il est entouré de côtes formant un abri, un cruvert.

Couv pourrait provenir de « colobra », couleuvre, « le lieu aux couleuvres », et indiquer un ruisseau (Vreux) à lacets, à la manière d’un serpent.

– 2. Anciennement on écrivait « Escouvreux » (1.279), 

Son nom pourrait se rattacher au mot germain « schop » qui désigne un bâton garni de paille marquant la limite d’un champ. Toutefois, il vaut mieux rattacher ce nom au mot latin « scopa » qui veut dire balai. 

Mais il ne faut pas oublier le deuxième village construit en France sur le ruisseau le Fauchois dont son nom s’écrivait autrefois sous la même forme « Escouviez » (aujourd’hui « Ecouviez »).  

Les croix de chemin de Couvreux : Témoins d'histoire et de mémoire...

Au centre du village de Couvreux se dresse une chapelle dédiée à Saint Roch. On parle de chapelle parce qu’elle dépend de l’église mère de Montquintin. Cette chapelle monumentale construite au milieu du village, impose sa verticalité vers le ciel. Couvreux a connu son heure de gloire au XIXe siècle avec l’extraction de minerai (de fer) de prairie. A cette époque, la forêt de Couvreux était le siège d’une exploitation de « limonite quartzeuse de fer fort hydraté » (appellation géologique). Ce minerai aussi appelé « minette » avait une valeur que les sidérurgistes se disputaient.

L’exploitation du minerai de Couvreux s’est éteinte vers 1857. Il ne faut pas oublier l’ermitage de l’Anau que l’on trouvait niché au bord à l’orée de la forêt, mais de l’autre côté de la frontière. 

Il fut fréquenté pendant de nombreuses années par les habitants de Montquintin, de Couvreux et de Petit Verneuil (village français) qui s’y rendaient régulièrement en pèlerinage pour implorer Saint Raimond, Celui-ci devait protéger les porcs contre les maladies.

Le « fief de la Nau » était aussi un lieu de passage pour toutes les personnes qui devaient se rendre à Avioth ou inversement à la foire à Montmédy.

Au XIVe siècle, pour la population, la chapelle de l’ermitage était un but de promenade ainsi la destination d’un pèlerinage. Malheureusement, les révolutionnaires français ont tout détruit, il ne reste que quelques ruines.

Bernard Joannès.