
Plan IGN
Ces sentiers proposent une grande variété d’expériences aux amateurs de randonnée, allant des balades paisibles aux parcours plus exigeants. Ils offrent une belle occasion de découvrir la richesse naturelle et le patrimoine historique du Pays de Montmédy.

Un Trésor Ardennais à Découvrir
Partez pour une randonnée de près d’une centaine de km au départ de Carignan et découvrez le Chemin de Saint-Walfroy, un trésor ardennais. Explorez des paysages variés entre forêts, vallées de la Meuse et de la Chiers, et laissez-vous imprégner par le riche patrimoine religieux local.
Ce parcours vous mènera notamment à l'Ermitage de Saint-Walfroy, site emblématique et chargé d'histoire, point d'orgue de cette aventure. Laissez-vous captiver par la beauté naturelle des lieux et la profondeur de son passé.
Avec une difficulté moyenne, cette boucle allie effort physique, beauté naturelle et découverte culturelle. Le Chemin de Saint-Walfroy vous promet une expérience enrichissante au cœur des Ardennes.
Ce chemin est relié à un autre Chemin des saints ardennais, celui de Saint-Roger, accessible depuis Raucourt ou Stonne. Il est ainsi possible de réaliser un circuit en forme de huit, permettant de prolonger la randonnée et d’en doubler la distance et la durée pour les marcheurs en quête d’un itinéraire plus complet.
Entre octobre et février : se renseigner sur les dates de chasse avant de partir pendant cette période.

Plan IGN

Photos aériennes / IGN

Carte des pentes (plan IGN)

Carte 1950 / IGN

Carte de l'état-major (1820-1866)

Open Street Map
Carignan est desservie par le train en provenance de Charleville, Longwy, Thionville et Sedan. C’est un point de départ possible pour s’engager sur le grand Chemin de Saint-Walfroy (180 km) comme pour la Boucle Saint Géry (90 km), une de ses deux composantes avec la Boucle de Saint-Roger d'Élan (99 km). Et surtout, vous pouvez vous y ravitailler aisément : la ville dispose de tous les commerces nécessaires.
À l’époque où Carignan portait encore le nom d’Yvois, Géry y naît de parents chrétiens d’origine romaine. Remarqué par l’évêque de Trèves, Magnericus, il devient diacre. Mais nul n’est prophète en son pays : chassé de sa ville natale, il rejoint Arras, où il est si apprécié qu’il est élu évêque de Cambrai-Arras. Il est alors consacré par l’archevêque de Reims, Gilles.
Saint Géry consacre son épiscopat à l’organisation de son diocèse et à la libération des prisonniers. En 613, le roi Clotaire II, sensible à sa réputation, lui confie la mission de distribuer des dons aux pauvres. Il meurt un 11 août, vers l’an 625, après trente-neuf années d’épiscopat, et repose dans l’église Saint-Médard de Cambrai, qu’il avait fait construire.
On lui attribue de nombreuses guérisons miraculeuses : lépreux, maladies de peau, bétail, phtisie (tuberculose), difformités des jambes. Mais la majorité des prodiges rapportés concernent des libérations miraculeuses de prisonniers et d’esclaves, surtout lorsque leurs maîtres avaient refusé de les affranchir. Pour cette raison, saint Géry est aujourd’hui le patron des prisonniers.
La collégiale Notre-Dame de Carignan date du XIIIe siècle. Elle a été remaniée au XVIe siècle et rebâtie de 1661 à 1681, ayant souffert des assauts et bombardements des troupes françaises commandées par le maréchal de Châtillon en 1639. A nouveau largement détruite dans les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, elle a été reconstruite, de façon considérée comme exemplaire, entre 1945 et 1973 sous la direction de trois architectes en chef des Monuments historiques : Yves-Marie Froidevaux, Robert Renard et Jean Rocard. Ces travaux ont redonné leur aspect d'origine à toute la partie haute du bâtiment, en particulier le toit, la charpente, le clocher et la tourelle du transept. Les vitraux modernes sont de Charles Marq, célèbre vitrailliste de Reims.
A l'époque du roi Dagobert et de l'évêque saint Éloi, un moine, venu de Solignac, saint Remacle, fondait en Ardenne plusieurs monastères : Stavelot, Malmédy et Corbion. Les terres de Charbeaux furent données à Stavelot par les Carolingiens. La petite église Saint-Georges de Charbeaux a été construite à l'emplacement de l'ancienne église paroissiale du 18e siècle, incendiée en 1940. Il y a une autre église à Puilly dédiée à saint Sébastien.
Originaire d’Europe centrale — sans doute de Pannonie —, Saint Walfroy vit au temps des Mérovingiens. Inspiré par la figure de saint Martin de Tours, il adopte une vie d’ascèse et de mendicité. Il se rend dans le diocèse de Trèves et y érige une colonne, près d’un temple dédié à Diane, sur laquelle il vit durant plusieurs années en stylite. À la demande de l’évêque de Trèves, il renonce à cette pratique — jugée inadaptée au climat local — et se retire dans le Pays d’Yvois vers 585.
Il y vit en ermite, évangélise la région, et fait construire une église en l’honneur de saint Martin au sommet d’une colline. Après sa mort, peu avant l’an 600, des ermites poursuivent cette vie de prière sur le site. L’ermitage, situé à Margut, abrite aujourd’hui ses reliques. Dédié à Saint Walfroy, le lieu est devenu une maison d’accueil pour groupes, retraites et sessions spirituelles. Le label « Abri du pèlerin » y témoigne d’une attention particulière portée aux marcheurs.
Le premier bâtiment médiéval devait être de forme octogonale; l'octogone, se rapprochant le plus du cercle symbolisant le divin, représente l'Homme qui est créé à l'image de Dieu.
L’Église moderne de Saint-Walfroy fut reconstruite en 1957, en intégrant le chevet de l’ancienne église. Sa forme extérieure rappelle la tente-abri du pèlerin. À l’intérieur, piliers et charpentes évoquent la forêt ardennaise. Au-dessus des portes, une grande verrière de Gaudin symbolise la lutte du bien et du mal, de la Foi contre l’idole Arduina, l’Église dans la tempête.
Elle contient la dalle funéraire du chanoine Couvert. Une dalle brisée rappelle l’emplacement du tombeau de St Walfroy, détruit par la guerre et perdu. Un gisant de Saint Walfroy est mis en lumière au cœur de l’église.
Évêque d’Arezzo en Toscane, saint Donat était invoqué pour se protéger de la foudre. On suspendait autrefois son image dans les maisons, et les fidèles récitaient cette prière :
« Grand Saint Donat, priez pour moi afin que je sois préservé de l’éclair, du tonnerre et de l’orage ! »
Le massif situé à l’est de Lamouilly était jadis ceinturé de nombreuses chapelles rurales, dont certaines portaient son nom. Le territoire communal en comptait au moins deux : la chapelle Saint-Donat, construite en 1827 (aujourd’hui disparue), et la chapelle Saint-Walfroy ou Notre-Dame-de-Bonsecours, qui domine encore le village et la vallée de la Chiers.
Édifiée en 1859 à la sortie du village, près d’une source, la chapelle Notre-Dame-des-Malades doit sa création à Nicole Dupuis et aux familles Malot et Tuot, en remerciement après l’épidémie de choléra de 1854. Elle fut longtemps un lieu de pèlerinage. Depuis 1995, elle est propriété communale. Non loin de là, au cœur de l’ancien vignoble, se dresse un calvaire joliment appelé « Le Bon Dieu de Paradis ».
L´édifice souffre de la Guerre Franco-Espagnole de 1635 puis de la Fronde des Princes entre 1650 et 1653. Son curé adresse alors une requête à l'archevêque de Reims pour la reconstruction de l'église car elle est en ruines et la messe se célèbre dans une grange.
Le chœur, ses chapelles et les bras du transept sont reconstruits entre 1703 et 1704 sur les fondations des parties d’origine avec les matériaux issus de la démolition. Les collatéraux et le massif occidental sont reconstruits en 1844 dans un style néo-classique tout en épargnant le vaisseau central et la croisée du transept datant du XIIème siècle. La partie terminale du clocher est reconstruite après la Première Guerre Mondiale. Le bas-côté Sud est reconstruit après la Seconde Guerre Mondiale.
A voir aussi :
Plusieurs maisons à arcades, des XVème et XVIIIème siècles, sur la Place principale de Beaumont, sont inscrites aux Monuments Historiques en 1927.
Un jalon d’autonomie pour les communautés locales
En 1182, l’archevêque de Reims Guillaume de Champagne, seigneur de Beaumont-en-Argonne — que l’on surnomme Guillaume aux Blanches Mains — accorde à cette commune une charte de franchise. Ce texte met fin à la servitude féodale et permet aux habitants d’élire leurs représentants, de gérer collectivement les affaires locales et d’user des ressources naturelles (bois, eaux, fours, moulins), moyennant redevances.
Inspirée d’un texte similaire donné à Reims la même année, cette charte deviendra un modèle pour plus de quatre-vingts localités dans le nord-est de la France, la Belgique et le Luxembourg. Elle est l’une des plus libérales d’Europe à son époque.
« Nul homme ne sera contraint par force, mais chacun pourra vivre selon le droit de la commune. »
— Extrait inspiré des chartes de franchise médiévales
Un héritage toujours vivant
En donnant la parole à la communauté, la charte de Beaumont pose les bases d’une liberté fondée sur la responsabilité collective. Ce lieu devient alors plus qu’un point de passage : un symbole d’espérance partagée, où le respect du bien commun s’enracine dans l’histoire.
La chapelle Saint-Jean Baptiste est implantée à environ 200 mètre de l'est du village, sur la D19. Une inscription peinte sur la voûte de l'abside indique que la chapelle est restaurée en 1853.
La façade principale est ouverte sur toute sa largeur par un portail en forme d'arcature à chapiteaux feuillagés, fermé par une porte en fer. Le volume intérieur est couvert de fausses voûtes d'ogives. La couverture est en ardoise.
Stonne a reçu la visite d’un pape ! C’est en effet au château, aujourd’hui disparu, que le pape Calixte II fit halte en 1119, reçu par Hugues de Troyes après sa rencontre à Mouzon avec l’empereur Henri V. Mais Stonne est surtout connu pour les combats acharnés qui s’y déroulèrent en mai 1940. L’église, fortement endommagée, fut reconstruite après la guerre. Elle est aujourd’hui ornée d’une fresque lumineuse de Maurice Calka, représentant plusieurs scènes mariales : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Présentation au Temple, et enfin la Crucifixion. Juste avant cette dernière scène, la Vierge apparaît dans un disque rouge, portant l’Enfant sur son bras gauche, entourée des symboles des quatre éléments : l’air (le ciel), le feu (les étoiles), la terre (l’arbre), et l’eau (le poisson). Le style évoque celui des enluminures romanes. Les vitraux réalisés par Savary et Quesneville sont également remarquables.
L’évêque décapité qui porte sa tête dans les rues de Reims, c’est lui : saint Nicaise. Lors de l’invasion vandale, il tente d’intercéder pour le peuple avec sa sœur Eutropie, le diacre Florent et le lecteur Jocond. Tous sont massacrés devant l’église Notre-Dame que Nicaise avait fait bâtir. C’est à cet emplacement que s’élève aujourd’hui la cathédrale de Reims.
Quel lien avec Raucourt ? La paroisse, très ancienne (fondée vers l’an 400), fut donnée au XIe siècle aux moines de l’abbaye Saint-Nicaise de Reims, qui y construisirent une église en 1061. Détruite par les Huguenots, celle que l’on voit aujourd’hui date de 1642 — la date est inscrite sur une clé de voûte.
Ne manquez pas les fonts baptismaux du XIe siècle en pierre de Givet, ornés de têtes de monstres, les deux vitraux de 1954 représentant Madame et Mesdemoiselles de Troeyer, les vitraux contemporains réalisés en 2015 par la vitrailliste ardennaise Valérie Stevenin, ainsi que les statues en bois polychrome des XVIe et XVIIe siècles : la Vierge Marie, saint Pierre (autel central), saints Nicaise et Remi (de part et d’autre de l’autel majeur).
L’église Sainte Geneviève, située près de la rue du faubourg sur l’ancienne route gallo-romaine Reims-Trèves, est une petite église rurale avec un clocher massif. Sa nef romane date du XIIème siècle, tandis que le transept et le chœur gothiques ont été ajoutés en 1575. Les vitraux abstraits réalisés par une habitante de Mouzon au XXème siècle sont plus chauds côtés sud, selon la tradition.
De Mosomagus, marché gallo-romain sur la Meuse, à la cité industrielle connue sous le nom de Sommer, Mouzon offre plus de deux millénaires d’histoire. L’abbatiale y est splendide, et des visites guidées sont proposées par l’office de tourisme, situé près du musée du Feutre.
Mouzon dispose de commerces variés, de deux boulangeries et de plusieurs restaurants. Avant de quitter la ville, si jamais vous passez sous la porte de Bourgogne, vestige bien conservé des anciens remparts, ne manquez pas de réciter un Ave.
Saint Arnould, figure fondatrice
Selon une chronique rédigée entre 1025 et 1033, Arnulphe (ou Arnoul/Arnould), de retour de pèlerinage, fut battu à mort par des brigands dans les bois de Froidmont. Recueilli par les habitants de Gruyères, il y mourut et fut enterré au bord de l’ancienne voie romaine.
Tombé dans l’oubli, il revint au premier plan lorsque plusieurs guérisons miraculeuses lui furent attribuées. Le comte Otton de Warcq tenta de récupérer les reliques, mais l’archevêque Adalbéron de Reims s’y opposa. Il mit le siège devant Warcq, incendia la ville et emporta les reliques.
Un miracle se produisit alors : un aigle se posa sur l’embarcation transportant les reliques et la guida à contre-courant vers Mouzon. L’archevêque y fonda un monastère bénédictin.
Saint-Victor à Mouzon
Victor serait né à Mouzon, dans une modeste famille chrétienne. Sa sœur, d’une grande beauté, attira les convoitises du gouverneur local. Refusant ses avances, elle fut accusée de recevoir les mauvais conseils de son frère. Le gouverneur tenta alors d’acheter les faveurs de Victor, en vain.
Furieux, il ordonna qu’on torture la jeune fille, à qui l’on arracha les yeux, puis fit martyriser Victor à son tour.
L’église de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Mouzon, commencée autour de 1170, fait partie des premiers grands édifices gothiques de la France du Nord.
Au 15e et au 16e siècle, l’édifice est complété : les parties hautes des tours et les pinacles des arcs-boutants de l’élévation sud constituent des témoins significatifs du gothique flamboyant. Dans la seconde moitié du 19e siècle, Émile Boeswillwald, grand architecte restaurateur, le reprend entièrement, gommant parfois, au nom de l’unité de style, des éléments remarquables comme la grande fenêtre du massif occidental.
L’édifice abrite un mobilier de qualité, en particulier un maître-autel à baldaquin monumental (1728) et un grand orgue renommé (1725) du facteur Christophe Moucherel, auteur du splendide instrument de la cathédrale d’Albi.
Ne pas rater la cellule de recluse à gauche de l'édifice, au niveau de l'autel.